Mise en ligne le 28 Septembre 2016
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RÉSUMÉ ENQUÊTE NATIONALE SUR LA GESTION DES COMPLICATIONS INFECTIEUSES SUR DÉRIVATION VENTRICULAIRE EXTERNE EN RÉANIMATION

E-poster R333 SFAR 2016

Sari F, Opprecht N, Mirek S, Nadji A, Aho-Glele S, Girard C, Bouhemad B Service d’Anesthésie-Réanimation, CHU F. Mitterrand, Dijon, France Université de Bourgogne-Franche-Comté, Dijon, France

Auteur correspondant :
Dr Mirek Sébastien,
Service d’Anesthésie-Réanimation, CHU F. Mitterrand, Dijon, France
Mail : mireksebastien@gmail.com

Dr Opprecht Nicolas,
Service d’anesthésie réanimation CHU F Mitterrand 14 rue Gaffarel 21000 Dijon, France
Mail: nicolas.opprecht@chu-dijon.fr

 

Position du problème et hypothèses de l’étude : La dérivation de liquide céphalo-rachidien (LCR) au moyen d’une dérivation ventriculaire externe (DVE) est une technique utilisée en réanimation neurochirurgicale dont la principale complication reste l’infection sur cathéter. A ce jour il n’existe pas de recommandations d’experts sur la gestion des risques infectieux sur DVE. Notre travail a pour objectif de faire un état des lieux en France des pratiques de prévention et du traitement de ce risque.

Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une enquête de pratique nationale à l’aide d’un questionnaire électronique dont la diffusion à tous les services de réanimation en France s’est faite sous l’égide de la SFAR. Il était consultable par l’intermédiaire d’un lien direct envoyé par e-mail. Les questions concernaient à la fois la gestion des conditions de pose, la présence d’un protocole de service, les soins post opératoires, l’utilisation de cathéters imprégnés et d’une antibioprophylaxie, la surveillance biologique et bactériologique du LCR, les critères biologiques de diagnostic d’une ventriculite et la gestion d’une ventriculite lors de sa survenue. L’analyse statistique a été de nature essentiellement descriptive et les résultats ont été décrits par des effectifs et des pourcentages.

Résultats et Discussion : Cinquante-quatre structures sur un total de 69 services de réanimation recensés ont répondu au questionnaire, soit un taux de participation de 78.3%. La pose de DVE se fait essentiellement au bloc opératoire (87.14%). La tunnelisation de cathéter est systématique dans 57.41% des services. Une antibioprophylaxie est réalisée dans 38.89% des cas. Les cathéters imprégnés ne trouvent aucune place dans 46 des services interrogés (85.19 %). Les prélèvements de LCR sont réalisés dans 70.37% des services sur point d’appel clinico biologique de ventriculite et de manière systématique dans 27.78 % des services dont tous les 2 jours dans 11.11% des services. En cas de ventriculite une biantibiothérapie est réalisée en première intention dans 62.65% des cas. Notre enquête a mis en évidence une certaine hétérogénéité des pratiques dans la gestion infectieuse des dérivations ventriculaires externes. L’absence de recommandations concernant leur prise en charge rend certaines pratiques sujettes à débat comme sur la tunnellisation des cathéters, l’utilisation d’une antibioprophylaxie à la pose, les prélèvements systématiques de LCR, l’antibiothérapie de première intention.

Conclusion : Notre enquête a permis d’illustrer avec une assez bonne représentativité les pratiques concernant la DVE. Elle pourrait être un point de départ à une discussion collégiale afin d’établir des recommandations d’expert sur le sujet pour une uniformisation dans la pratique clinique et une meilleur lutte contre les complications infectieuses sur DVE.