Communiqué concernant la modification du RCP de la célocurine

Les enquêtes épidémiologiques récentes ont mis en évidence une incidence importante d’accidents anaphylactiques liés à l’emploi des curares et plus spécifiquement de la célocurine. Le taux est approximativement de 1 pour 3000 ampoules vendues comparable à celui du rocuronium tandis qu’il est de 1 pour 30.000 pour l’atracurium. Dans ces conditions, l’ANSM a décidé de revoir le RCP de la celocurine en contre indiquant son usage dans l’indication de prolonger la curarisation lors des interventions de courte durée ce qui n’était pas une pratique recommandée. Les indications de la célocurine restent donc l’intubation à estomac plein (séquence rapide), l’intubation difficile selon les recommandations de la SFAR et la sismothérapie pour éviter les effets secondaires des convulsions provoquées.

Publié le janvier 2018

En accord avec l’ANSM, la SFAR communique sur la restriction des indications du suxaméthonium qui a fait l’objet d’une lettre aux professionnels de santé en décembre 2017 :

Suite à une augmentation des signalements décrivant des réactions anaphylactiques avec le suxaméthonium, une enquête de pharmacovigilance a été ouverte en mars 2012.

Les données recueillies sur la période 2000-2012 ont ainsi fait état de 680 cas confirmés de réactions anaphylactiques avec ce médicament.

En conséquence, l’ANSM a mis en place en 2014 un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST), composé notamment d’anesthésistes-réanimateurs, d’urgentistes, de pharmacovigilants, d’allergologues et de toxicologues.

Les experts ont conclu qu’une restriction des indications des spécialités à base de suxaméthonium était justifiée. Ainsi, compte-tenu, d’une part du fait que l’utilisation du suxaméthonium pour assurer le relâchement musculaire lors des actes chirurgicaux programmés de courte durée ne correspond plus aux standards actuels, et, d’autre-part, du risque de réaction anaphylactique lié à l’utilisation des curares en général et plus particulièrement au suxaméthonium, les spécialités à base de suxaméthonium ne sont plus indiquées dans les « actes brefs en chirurgie programmée ».

En raison de son utilité en cas d’intubation difficile, le suxaméthonium reste indiqué chez l’adulte et l’enfant pour faciliter l’intubation endotrachéale. Le suxaméthonium est indiqué dans l’induction en séquence rapide justifiée par un risque d’inhalation du contenu gastrique. Il est également indiqué chez l’adulte lors des traitements par électroconvulsivothérapie, pour obtenir une curarisation très brève.

Publié le 27 février 2018