Enquête sur les prescriptions périopératoires

Mis en ligne le 14 juin 2018
Enquêtes

La consultation d’anesthésie et les prescriptions péri-opératoires, une enquête nationale

T. Collenot¹, V. Piriou¹, P. Incagnoli¹ et F. Aubrun².
¹Service Anesthésie-Réanimation, Centre Hospitalier Lyon-sud, HCL
²Service Anesthésie-Réanimation, Hôpital de la Croix-Rousse, HCL

Introduction

L’informatisation se développe en anesthésie. L’ensemble du parcours péri-opératoire du patient est concerné, de la consultation pré-anesthésique (CPA) à la gestion des prescriptions postopératoires, en passant par la surveillance peropératoire. Les enjeux restent toutefois les mêmes : assurer une prise en charge optimale et sûre du patient, en prévenant les erreurs médicamenteuses, à la faveur d’une coopération entre médecins anesthésistes-réanimateurs (MAR) et chirurgiens. Cette enquête a pour but de décrire les modalités de CPA et de surveillance des patients en per et postopératoire immédiat. Elle fait également l’état des lieux des pratiques en matière de gestion du traitement personnel (TP).

Matériel & méthodes

Il s’agit d’une enquête nationale, sous forme d’un questionnaire anonyme en ligne sur le site de la SFAR, menée entre décembre 2016 et janvier 2017.

Résultats & Discussion

1089 MAR ont répondu. Il s’agit majoritairement de praticiens hospitaliers (47,1%) et d’anesthésistes libéraux (34,8%). 61,9% des médecins déclarent disposer d’une CPA informatisée, avec une répartition hétérogène entre les cliniques (82,2%), les établissements privés à but non lucratifs (69,2%), les CHU (60,6%), et les CHG (36,2%). Au total, 59,3% des centres sont dotés d’une CPA informatisée. 84,9% des MAR y retranscrivent systématiquement le TP du patient. Mais, seule une minorité des praticiens (27,4%) font la visite pré-anesthésique (VPA) sur le logiciel, préférant un support papier. Le logiciel de CPA est le même que le logiciel de prescriptions dans seulement 33% des cas. Les prescriptions préopératoires sont réalisées essentiellement sur informatique (69,9%), par l’anesthésiste en CPA (22,1%), par l’anesthésiste la veille de la chirurgie (17,7%), par le chirurgien sénior (6,9%) ou par un autre médecin (17,1%). En peropératoire, le recueil des données du monitorage se fait sur support papier (63,3%) plutôt que sur un logiciel. Cette tendance est exacerbée au sein des cliniques, avec 72,3% de recueil papier. Les prescriptions postopératoires sont faites, principalement par le MAR en charge du patient au bloc (73,6%) ou de façon collégiale avec le chirurgien (15,2%). Les protocoles postopératoires sont répandus (86,6%), et sont rédigés conjointement par les MAR et les chirurgiens dans 47% des cas. Une majorité des MAR (71,5%) ont été confrontés à des effets indésirables liés à une mauvaise gestion du TP. Les classes thérapeutiques impliquées sont en premier lieu : les anticoagulants (63,9%), les antiagrégants plaquettaires (28,6%) et les antihypertenseurs (22,24%).

Conclusion

Les niveaux d’informatisation de la CPA (61,9%) et de la surveillance peropératoire (36,6%), en France, restent incomplets. Il existe une hétérogénéité des modalités de prescription et d’adaptation du TP. La collégialité entre MAR et chirurgien semble se développer. Les erreurs médicamenteuses périopératoires pourvoyeuses d’effets indésirables sont fréquemment rapportées.

Figures annexes