Voici les résultats du sondage (851 répondants) que nous avons réalisé début décembre 2016 concernant la réforme du 3ème cycle des études médicales (R3C) :

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Par ailleurs, 93,3% des répondants ont exprimé leur souhait de conserver après leur internat un accès à l’exercice de la réanimation et ont conscience que cette réforme et cette répartition mettaient cette possibilité en péril.

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Merci pour votre participation !

Et voici un rapide résumé de cette réforme en 3 points dont l’objectif officiel est d’homogénéiser la formation médicale en France avec ce qu’il se passe en Europe. La mise en place de cette réforme sera effective à la prochaine rentrée, en novembre 2017 :

  1. Les caractéristiques générales concernant la formation des internes. Décret n° 2016-1597 du 25 novembre 2016

La formation de l’étudiant en troisième cycle des études médicales comprendra trois phases successives :

  • La phase 1 dite « phase socle » qui recouvre l’acquisition des connaissances de base de la spécialité et des compétences transversales nécessaires à l’exercice de la profession
  • La phase 2 dite « phase d’approfondissement » qui correspond à l’acquisition approfondie des connaissances et des compétences nécessaires à l’exercice de la spécialité suivie
  • La phase 3 dite « phase de consolidation » correspondant à la consolidation de l’ensemble des connaissances et des compétences professionnelles nécessaires à l’exercice de la spécialité
  • L’étudiant de troisième cycle des études médicales est évalué à l’issue de chaque stage et à l’issue de chacune des trois phases décrites supra (articles R. 632-37 et R.632-38 du code de l’éducation)

En Anesthésie-Réanimation, la maquette proposée est en 5 ans (1 an + 3 ans + 1 an), soit un internat d’une durée de 4 ans complété par 1 an d’assistanat, auxquels pourront s’ajouter une ou deux années d’assistanat selon les souhaits de chacun. Le passage à 4 années d’internat plus un d’assistant spécialiste de 3ème cycle peut constituer un retour en arrière pour notre spécialité car supprimerait, entre autres, la possibilité de stages libres actuellement inclus dans la maquette et participant à la richesse de notre formation.

  1. La création d’un co-DES Anesthésie-Réanimation et de Médecine Intensive et Réanimation (anciennement nommée réanimation médicale).

Le DESC de réanimation (médicale) disparaît au même titre que la totalité des DESC. Il est remplacé par un DES MIR couplé au DES AR.

A la sortie de l’ECN, les internes qui choisissent le co-DES AR et MIR ont une année (phase 1 ou phase socle) composée obligatoirement d’1 stage d’anesthésie et d’1 stage de réanimation. L’année suivante, ils confirment définitivement le choix de leur spécialité (AR ou MIR) et sont orientés:

  • Pour 70% de l’effectif en Anesthésie Réanimation (AR).
  • Pour 30% en Médecine Intensive et Réanimation (MIR)

Il est à noter que les MIR ne pourront pas pratiquer l’Anesthésie, mais les AR pourront pratiquer la Réanimation à l’issue de leur cursus.

  1. Quelles sont les conséquences de cette réforme sur le cursus de formation et l’exercice professionnel ?

Sachant qu’une majorité des jeunes professionnels formée par le DESAR souhaite exercer au cours de leur exercice professionnel en réanimation, la répartition des postes entre le DESAR et le DESAR MIR revêt une importance particulière.

Elle est actuellement de 160 postes en MIR et de 500 postes en AR.

Ceci correspond à un nombre de MIR à former 15 fois supérieur chaque année au nombre de médecins validant chaque année leur DESC et s’inscrivant au Conseil de l’Ordre en vue d’un exercice en réanimation médicale (source CNOM 2016). Si ce chiffre était confirmé le risque est d’introduire au niveau des emplois de réanimation une très forte compétitivité pour accéder aux postes qui se traduisent par l’exclusion de bon nombre de jeunes et moins jeunes Anesthésistes-Réanimateurs de cette activité et par extension de celle des USC. A l’heure où notre spécialité se recentre sur la médecine péri opératoire et où non seulement la formation mais l’exercice professionnel en anesthésie et en réanimation apparaissent comme complémentaire et répondent aux besoins de santé publique, cette distribution des postes inquiète grandement.

De plus il est indispensable de garantir au cours même de la période de formation un accès à l’ensemble des stages de réanimation qui ne soit pas exclusivement réservé aux internes MIR.

Restons donc mobilisés et vigilants pour garantir une formation de qualité et un exercice polyvalent !

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Le Groupe Jeune SFAR