Faut-il administrer de l’acide tranexamique dans les hémorragies du postpartum ?

Publié : le 22 juin 2017

Effect of early tranexamic acid administration on mortality, hysterectomy, and other morbidities in women with post-partum haemorrhage (WOMAN):

an international, randomised, double-blind, placebo-controlled trial

WOMAN Trial Collaborators. Lancet 2017;389:2105-16.

Par Anne-Sophie Ducloy-Bouthors et Anne Godier pour le Comité Scientifique de la SFAR

Contexte :

L’hémorragie du post-partum (HPP) est l’une des complications obstétricales les plus redoutées. Elle est définie par une perte de sang supérieure à 500 ml dans les 24h suivant l’accouchement, quel que soit le mode d’accouchement. Elle concerne 5 à 10% des accouchements et représente la première cause de mortalité maternelle, considérée comme majoritairement évitable (1).

Si la prise en charge initiale de l’HPP par l’anesthésiste réanimateur inclut l’administration d’utérotoniques (oxytocine puis sulprostone), la transfusion de concentrés érythrocytaires, l’expansion volémique pour le maintien de l’hémodynamique, l’oxygénothérapie et la prévention de l’hypothermie, en parallèle à la prise en charge obstétricale, la place de l’acide tranéxamique (ATX) a longtemps été débattue. En effet, si l’efficacité et la sécurité de l’ATX sont bien établies en chirurgie (2) et en traumatologie (3,4), les preuves manquaient dans l’HPP. WOMAN les apporte enfin (5).

Objectif : L’objectif de l’essai WOMAN (5) était d’évaluer si l’administration précoce d’acide tranéxamique permettait de réduire la mortalité et les hystérectomies chez des femmes présentant une HPP. Accès à l´intégralité du contenu est réservé aux membres Médecins : connectez-vous ou devenez membre !