Sédation en salle de surveillance post interventionnelle (SSPI)

Publié le 21 février 2018

La SFAR a été interrogée par plusieurs établissements de santé, suite au passage de visiteurs de la HAS considèrent que la sécurité des patients n’est pas assurée si la sédation est administrée par des personnels infirmier diplômés d’Etat (IDE).

Comme dans les services de réanimation, cette sédation est obtenue par l’administration intraveineuse de médicaments, sur prescription d’un médecin anesthésiste-réanimateur (ou en application d’un protocole écrit). En SSPI, elle est habituellement réalisée par des IDE formées à ces fonctions conformément au code de la santé publique (article D6124-101).

La SFAR considère que sous réserve d’un formation adéquate, les infirmiers et infirmières diplômées d’état qui travaillent en SSPI sont parfaitement habilités à mettre en œuvre et surveiller un protocole de sédation chez des patients post opérés sur prescription médicale, comme c’est le cas dans les services de réanimation. Ces protocoles de sédation ont pour objet en effet le plus souvent de maintenir en ventilation contrôlée des patients hypothermiques ou curarisés de façon à assurer sous couvert de la surveillance de SSPI leur confort et leur sécurité. Parfois ces protocoles s’appliquent à des patients avant transfert en réanimation où ils seront poursuivis. Ne pas mettre en route une sédation en SSPI pour les patients qui le justifient et la réaliser dans un autre lieu non approprié tel le bloc opératoire, nous paraît être contraire à la qualité des soins dus au patient et par ailleurs une source de désorganisation des soins.

La SFAR pense donc que la sédation en SSPI mise en œuvre et surveillée par des IDEs est possible et recommandable sous couvert :

o de la prescription ou un protocole conforme aux termes de l’article R. 4311-7 du CSP,
o d’un médecin anesthésiste-réanimateur immédiatement disponible,
o d’une formation des IDEs à cette technique, selon des modalités comparables à celles mises en place dans les services de réanimation, incluant l’utilisation de scores de sédation ou du BIS lorsque les scores ne sont pas utilisables.

Le Président de la SFAR, Pr Francis Bonnet
Le Président du Comité Vie Professionnelle, Dr Michel Sfez