Dans le cadre des missions spatiales de longue durée dans l’espace dit profond, l’autonomie médicale est un enjeu majeur. Lors d’une urgence respiratoire loin de la Terre, l’intubation orotrachéale et la gestion des voies aériennes supérieures seront indispensables. Bien que les astronautes bénéficient d’une formation initiale en intubation, ils n’ont pas d’entretien des compétences théoriques ou pratiques pendant le vol. Une simplification des algorithmes de soins et de la technique en elle-même s’impose. Alors que la station spatiale internationale (ISS) ne contient qu’un laryngoscope classique, des nouveaux outils terrestres facilitants le geste pour des astronautes existent.

 

C’est dans cette optique que le projet IURS-3, porté par le CHU Amiens-Picardie, avec certains membres du groupe SFAR Espace, a testé cette semaine en impesanteur deux nouveaux vidéolaryngoscopes : le premier incorporant de l’intelligence artificielle avec une reconnaissance des structures anatomiques guidant l’opérateur lors du geste ; et un second motorisé avec sonde canalisée, permettant l’intubation à une seule main. Cette étude a été faite dans le cadre de la campagne de vols paraboliques VP190 du CNES organisée par Novespace à Mérignac. Répartis sur trois vols de 30 paraboles d’à peu près 22 secondes chacune, des novices n’ayant jamais intubé, ainsi que des anesthésistes et réanimateurs, ont testé ces laryngoscopes du futur sur mannequins.

 

Ces outils, en cours de développement, et construits principalement pour répondre à des problématiques terrestres de formation et de situations d’intubation en urgence, s’inscrivent dans la continuité des thématiques de la SFAR, qui s’apprête à remettre ses recommandations formalisées d’experts (RFE) sur l’intubation difficile. En cas de résultats démontrant la supériorité de ces produits sur le succès de l’intubation par novice, des arguments sourcés et validés seront disponibles pour proposer une reconfiguration matérielle des trousses médicales des astronautes des bases lunaires futures, et des stations successeurs de l’ISS en orbite basse.