L’évaluation post réanimation
FAQ
La littérature publiée ne s’est intéressée jusqu’à présent qu’au bénéfice individuel d’une évaluation post réanimation, sur des populations hétérogènes. Il est probable que concernant les patients déjà bien suivis dans le cadre d’une filière de soins déjà établie (filière pneumologie, cardiologique, transplantés, neurolésés…), le bénéfice médical soit faible.
Il parait néanmoins licite de revoir à distance un patient après une prise en charge longue, lourde et complexe, au même titre qu’un opérateur reverrait un patient à distance d’un geste, dans une démarche continue d’amélioration de la qualité des soins ; ceci d’autant plus si l’évaluation est multidisciplinaire et réalisée par des personnels également impliqués dans la prise en charge en soins critiques (infirmier.es, kinésithérapeutes, psychologues).
Par ailleurs, le bénéfice de cette évaluation concernant le dépistage et la prise en charge du « PICS family » est peu évalué.
En conclusion on pourrait argumenter que le recul d’expérience sur le territoire français est encore insuffisant pour trancher sur l’intérêt ou non d’une évaluation post réanimation et ses modalités.
Les outils d’évaluation actuellement utilisés ne sont pas spécifiques et méritent d’être évalués et adaptés à la post réanimation.
La recherche est nécessaire dans ce domaine et doit s’intéresser aux bénéfices directs concernant le patient mais aussi concernant les proches et les équipes en termes d’amélioration de la prise en charge, même si ce sont des études plus difficiles à mener.
Avant de s’avancer dans le projet il est nécessaire de faire les démarches suivantes :
- Evaluer le nombre de patients concernés annuellement (nombre de séjours, proportion de patients décédés, séjours > 3-5 jours, patients sous ventilation mécanique, et/ou amines/ et ou sepsis…).
- Evaluer les ressources mobilisables au sein de l’institution: médicales et paramédicales (kinésithérapie, ergothérapeute, diététique, MPR, EFR, secrétariat +++…) et le temps qui pourra être dédié à cette activité. Une demi-journée à une journée / semaine semble être appropriée pour des soins critiques de taille moyenne.
La mutualisation des moyens au sein d’une structure d’HDJ déjà existante ou avec d’autres services de soins critiques est un point essentiel permettant de faciliter l’organisation logistique.
- Désigner la personne responsable de cette nouvelle activité.
Cette nouvelle activité doit être travaillée avec la direction de l’établissement (temps dédié, postes dédiés, valorisation financière).
Enfin il est nécessaire d’identifier des collaborations en externe (réseau, filière de soin), permettant de prendre en charge les patients qui présenterait des séquelles à prendre en charge.
Une consultation est plus simple à mettre en place car elle consomme moins de ressources en termes de personnel et de plateau technique. Réalisée avec un seul interlocuteur, elle est moins complète par rapport à un suivi pluridisciplinaire. Les examens complémentaires de biologie devront être réalisés auparavant.
Après avoir sélectionné les outils et tests à réaliser en consultation (l’exhaustivité est impossible), il faut compter environ une heure.
L’hospitalisation de jour permet une approche globale et multidisciplinaire. Plus complexe à mettre en place, elle nécessite la réalisation d’au moins trois actes (consultation médicale, kiné, diététique, examens complémentaires y compris biologie) pour justifier du forfait. Elle nécessite un plateau technique et des professionnels dédiés dans un cadre de ressources en personnel et financières contraint.
Elle doit donner lieu à la rédaction d’un compte rendu à la sortie du patient.
Concernant l’HDJ, 2 à 3 patients par jour semblent suffisants.
Quel que soit le format choisi, l’évaluation oblige le patient au retour sur les lieux de l’hospitalisation mais pas forcément en réanimation), ce qu’il faut présenter comme faisant partie du suivi. Le déroulé des examens peut sembler lourd mais représente une opportunité de dépister des séquelles et mettre en place des prises en charge.
On peut s’appuyer sur les facteurs de risque de PICS qui ont déjà été cités dans la littérature tels que :
- Les patients ayant fait un séjour prolongé (dont la durée n’est pas identifiée, certains auteurs proposent 5 jours),
- Les patients ayant nécessité une ventilation invasive (dont la durée n’est pas identifiée, certains auteurs proposent 48 heures minium),
- Les patients ayant présenté un choc septique ou un SDRA lors du séjour,
- Les patients graves avec IGSII ou SOFA élevés,
- Les patients ayant présenté un délirium,
- Les femmes,
- Les patients âgés (sans cut off d’âge réellement identifié, certains auteurs proposent 75 ans).
Avant l’admission en réanimation, la présence d’une fragilité, des antécédents psychiatriques ou de troubles cognitifs sont également associée à une augmentation du risque de PICS en post réanimation.
- Proposer la téléconsultation avec le centre SSR
- Décaler la consultation à 6 mois
- Essayer de regrouper la consultation avec les visites de suivi/examen d’imagerie
- Evaluation médicale, bilan cognitif, évaluation sur route : Evaluation pluridisciplinaire comprenant un médecin spécialiste (neurologue ou MPR), un ergothérapeute, test de conduite, suivi d’une visite à un médecin agréé par la préfecture.
- Les recommandations de bonne pratiques de 2016 ont été remplacées par l’Arrêté du 28 mars 2022 Arrêté du 28 mars 2022 fixant la liste des affections médicales incompatibles ou compatibles avec ou sans aménagements ou restrictions pour l’obtention, le renouvellement ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée (refonte) – Légifrance (legifrance.gouv.fr)
- Afficher la liste des CMPs de référence dans la salle de consultation pour prendre RDV
- Bon de transport simple Aller-Retour pour les trajets < 150 km
- Pour les patients au-delà de 150 km, proposer des consultations par visio ou faire une demande d’entente préalable
- Pour info : Remboursement des frais de transports par l’Assurance maladie | Service-Public.fr
- Généralement fait par le médecin traitant ou lors du passage en SSR
- En l’absence de médecin traitant pouvant réaliser le dossier, celui-ci peut être rempli à l’adresse suivante : Accueil | MDPH en ligne (cnsa.fr)
- Joindre au dossier : un certificat médical (cerfa_15695-01.pdf), justificatif d’identité, et justificatif de domicile
- Fiche HAS “Diagnostic et prise en charge des patients adultes avec un syndrôme post-réanimation (PICS) et de leur entourage (17 mai 2023)
- Mikkelsen ME et al, Society of Critical Care Medicine’s International Consensus Conference on Prediction and Identification of Long-Term Impairments After Critical Illness, Crit Care Med 2020. DOI: 10.1097/CCM.0000000000004586
- Nakanishi N et al, Instruments to assess post-intensive care syndrome assessment, Crit care 2023. doi:10.1186/s13054-023-04681-6
- Prevedello D et al, the burden of implementation: A mixed methods study on barriers to an ICU follow-up program. Journal of Critical care 2021. DOI:0.1016/j.jcrc.2021.06.006
- Sharshar et al, A randomized clinical trial to evaluate the effect of post-intensive care multidisciplinary consultations on mortality and the quality of life at 1 year, Intensive Care Med. 2024 May;50(5):665-677. DOI: 10.1007/s00134-024-07359


