Chef du Service d’Anesthésie-Réanimation II du CHU de Bordeaux, ancien Président de la CME du CHU de Bordeaux, ancien Président de la Sous-section 48-01 du Conseil National des Universités
Le Professeur Gérard Janvier nous a quittés. Clinicien d’exception et bâtisseur infatigable, il a dirigé pendant près de vingt ans le Service d’Anesthésie-Réanimation II du CHU de Bordeaux.
Pilier des équipes d’anesthésie-réanimation comme il l’était sur les terrains de rugby, Gérard incarnait une incomparable force au soutien de ses équipes dans les moments difficiles. Capitaine dans l’âme, il savait rassembler, soutenir et protéger, au bloc comme en réanimation, avec la même exigence et la même générosité. Il inspirait une confiance immédiate qui donnait envie de lui ressembler : on ne voulait pas seulement travailler avec lui, on voulait devenir comme lui. Il enseignait par l’exemple, entraînait par la conviction, et donnait à chacun de ses jeunes le goût de se dépasser. Aujourd’hui, ses élèves sont répartis dans toute la Nouvelle-Aquitaine et portent son héritage avec fierté.
Visionnaire dans les domaines aussi bien médicaux que d’organisation, il a été parmi les pionniers de la médecine périopératoire et de la réanimation dans les années 80. Il avait su réunir autour de lui des équipes médicales, chirurgicales et paramédicales dans une approche pluridisciplinaire innovante pour l’époque. Son unique but, était de porter les meilleurs soins aux patients. Avec le Professeur Jean Saric, il a soutenu le développement des premières transplantations hépatiques à Bordeaux, avant de rejoindre les équipes de greffe cardiaque et pulmonaire, renforçant la place de l’anesthésie-réanimation en tant que partenaire à part entière dans une chirurgie encore émergente et exigeante. Il a rapidement compris l’importance des défis liés aux suppléances d’organes, ce qui l’a conduit à envisager la création d’une réanimation d’une trentaine de lits à la maison du Haut-Lévêque.
Son engagement et son dévouement professionnel dépassaient largement les frontières du service. Il a été président de la Commission Médicale d’Établissement du CHU de Bordeaux pendant deux mandats, puis président du Comité National de la Coordination de la Recherche Clinique. Par la suite, il a occupé le poste de président de la Sous-section 48-01 « Anesthésiologie-Réanimation, Urgences » du Conseil National des Universités, ainsi que de nombreux autres rôles à l’échelle nationale. Dans ces fonctions, il a représenté la voix de la discipline et de la recherche clinique françaises dans diverses instances décisionnelles, œuvrant pour renforcer la position et l’unité de cette discipline.
Homme de conviction et fier représentant de l’identité de sa région, le Sud-Ouest, il savait allier l’exigence la plus stricte à une générosité et une convivialité sans limites. Toujours élégant, il cultivait aussi, avec ceux qu’il affectionnait, un langage fleuri qui, dans sa bouche, sonnait avant tout comme une marque d’affection et de respect. Nadine, sa fidèle secrétaire, et toutes les équipes qui l’ont entouré se souviennent d’un dévouement total et d’une relation quasi filiale. Ce « Grand Homme », comme le décrivent celles et ceux qui l’ont côtoyé lors de multiples congrès, savait accueillir, écouter et mettre en valeur le travail de chacun, quel que soit son âge ou son établissement de soins d’origine, dès lors que la recherche était pertinente.
Père exigeant et fier, il nous montrait qu’il puisait sa force dans les siens et qu’une vie familiale riche était compatible avec de hautes fonctions en anesthésie-réanimation : nous connaissions tous Annie, son épouse, ses deux fils Yves-Marie et Vincent, et son fidèle chien, compagnon de ses chasses à la bécasse. Cette même exigence, cette même fidélité, il les a fait vivre dans son service comme dans sa famille.
Sa disparition referme une page de l’histoire de l’anesthésie-réanimation et de la médecine périopératoire française. Pour nous tous, il demeure ce pilier sur lequel tant d’équipes se sont bâties, ce capitaine dont l’exemple continue de guider nos pas et cette source d’inspiration que beaucoup auraient aimé égaler. Les équipes d’Anesthésie-Réanimation, de Médecine Périopératoire et d’Urgences du CHU de Bordeaux, ainsi que leurs collègues, élèves et amis rassemblés au sein de la SFAR expriment leur profonde tristesse face à son départ et présentent à son épouse, à ses fils et à l’ensemble de sa famille leurs condoléances les plus sincères.
Notre mission poursuivre et transmettre ses valeurs.
Philippe Revel, Alexandre Ouattara, François Sztark et Matthieu Biais, Karine Nouette Gaulain.



