Le rapport de mission remis en septembre 2026 par la Pre Marie-Pierre Bonnet, la Pre Elsa Kermorvant et le Pr Loïc Sentilhes marque une étape importante pour la périnatalité en France. Six avancées de ce rapport concernent directement les anesthésistes réanimateurs
- Un cadre révisé : Trente ans après la publication des décrets de Périnatalité de 1998, l’évolution des pratiques médicales, de la démographie professionnelle et des attentes des femmes et des familles ont rendu ce cadre obsolète. La révision des décrets de Périnatalité constitue donc actuellement une priorité de santé publique.
- Repenser la réorganisation territoriale : Face à ce constat et en particulier face aux fermetures de maternités décidées parfois dans l’urgence, La SFAR soutient l’élaboration d’un référentiel national multicritère, construit avec l’ensemble des acteurs concernés, pour guider les restructurations sur la base de diagnostics territoriaux partagés.
- Reconnaître les soins intensifs maternels : En France, 1,5 % des femmes présentent une morbidité maternelle sévère au cours de la grossesse ou dans le postpartum. La SFAR salue la recommandation du rapport d’officialiser réglementairement les unités de soins intensifs maternels, par dérogation au décret 2022-694, avec des ratios de personnel adaptés.
- Le risque maternel pris en compte dans la classification des maternités : Aujourd’hui, la classification des maternités (type 1, 2, 3) ne repose que sur le risque néonatal. La SFAR soutient le principe d’une classification complémentaire des maternités fondée sur les ressources en soins critiques adultes, incluant les soins intensifs maternels.
- Sécuriser les compétences et les équipes : La SFAR, soucieuse de la qualité et de la sécurité des soins, soutient pour les MAR exerçant en obstétrique, le maintien d’une activité au bloc programmé, la formation continue ciblée et la simulation multidisciplinaire in situ.
- Des équipes suffisamment dimensionnées pour tenir dans la durée : Le rapport recommande des équipes d’au moins 9 ETP par discipline, pour un temps de travail hebdomadaire ne dépassant pas 48 heures — en cohérence avec le rapport IGAS sur le temps de travail des médecins (juillet 2026). Le rapport rappelle explicitement par ailleurs, la position portée par les représentants des anesthésistes-réanimateurs, qui demandent une présence médicale permanente sur site, quel que soit le niveau d’activité de la maternité, compte tenu du risque imprévisible et immédiat de complications maternelles graves.
- Restaurer l’attractivité : La SFAR soutient la revalorisation financière, la prise en compte de la pénibilité dès 1000 gardes, et le renforcement des postes hospitalo-universitaires en anesthésie-réanimation.
- Une mise en application attendue : Ces recommandations ne prendront tout leur sens que si elles s’inscrivent dans la révision globale, annoncée par le rapport, des décrets de périnatalité de 1998. La SFAR appelle les pouvoirs publics à engager cette révision sans délai, et invite l’ensemble des sociétés savantes et organisations professionnelles de la périnatalité à s’associer à ce soutien collectif : c’est ensemble, dans une approche multidisciplinaire fidèle à l’esprit du rapport, que nous pourrons garantir aux femmes et aux nouveau-nés de France des soins sûrs, quel que soit leur lieu de naissance.
Editorial perinatalité ANREA : https://www.em-consulte.com/article/1839023/positionnement-de-la-sfar-organisation-des-soins-p (accès gratuit adhérents SFAR)


