Deux revues pour succéder aux Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation !

Mis en ligne le 27 Janvier 2015 et modifié le 28 Janvier 2015
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Deux revues pour succéder aux Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation !

Ca y est, elles sont arrivées, les deux nouvelles revues scientifiques de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar), succédant ainsi aux Annales françaises d’anesthésie et de réanimation (Afar). En cette période d’échange des vœux, souhaitons-leur réussites et succès. Pourquoi ce changement de format ? Quelles sont les objectifs de ces nouvelles revues ? Quelle singularité par rapport à toutes celles, nombreuses (trop ?), déjà existantes, en édition papier (va-t-elle disparaître ?) ou électronique, gratuite (open access) ou non, payantes pour y publier (pay per publish) ? Que peuvent-elles nous apporter dans le cadre de notre exercice quotidien si différent, tant en terme de mode, de lieu et de variété (anesthésie ou réanimation, anesthésie et réanimation, anesthésie, réanimation, urgences, douleur) ? Bref, cette aventure éditoriale valait-elle la peine d’être tentée ? Un peu d’histoire. Celle-ci débute en 2010 quand le conseil d’administration de la Sfar valide la possibilité de publier des articles en anglais dans les Afar [1]. Cela n’était pas si simple de sauter ce pas, tant notre relation à langue de Shakespeare est un savant mélange d’admiration et de méfiance. Les réticences, il y en eut. Pourtant cette ouverture se révélera gagnante pour maintenir le référencement de la revue et obtenir une progression de son facteur d’impact (+ 167% en neuf ans). Nous avons déjà eu l’occasion d’expliquer les limites et le côté hégémonique de cet indicateur en matière de publication scientifique [2,3]. Mais il est là, publié chaque année, redouté, bien installé, sur de sa force. Ignorer son « impact », sans jeu de mots, est au minimum méconnaître les enjeux actuels de la publication scientifique, au maximum une faute stratégique. Ainsi, de plus en plus d’articles en anglais étaient publiés dans les Afar. Mais notre lectorat habituel, soit près de trois mille abonnés, ne voyait pas toujours d’un œil bienveillant cette dualité dans une revue scientifique française, publiant dans un même numéro des articles en anglais et en français, même si il en comprenait les objectifs. Nous avons ainsi reçu plusieurs lettres d’abonnés mentionnant un désaccord explicite avec cette ligne éditoriale consistant à mélanger dans une même revue, deux langues. Un peu comme si déjà il existait deux revues en une seule. Le projet d’évolution éditoriale des Afar mettra quatre années à voir le jour. Finalement c’est en septembre 2013, que celui-ci est définitivement acté, à l’unanimité des mandants, par le Conseil d’Administration de la Sfar [4]. Nous disposons donc désormais d’une revue publiée exclusivement en Français, dont la ligne éditoriale est prioritairement tournée vers l’éducation médicale continue. Nous y découvrirons tous les deux mois (impairs) un contenu varié, subtil dosage entre des mises au point, des situations pratiques remarquables, des recommandations de pratiques, des référentiels, des articles spéciaux, des comptes rendus de congrès et/ou de réunions scientifiques, des textes relatifs à la vie de la discipline et à celle de la Sfar d’une manière générale. Au total, tout ce qui représente un moyen visible de valoriser la formidable production intellectuelle de notre discipline. Cette revue s’appelle Anesthésie & Réanimation. Son appellation abrégée est Anrea. Ce nom semblait évident. C’est effectivement tout simplement celui de notre discipline, telle que nous sommes reconnus et qualifiés au niveau du Conseil de l’ordre des médecins. Elle est éditée en version papier et électronique, considérant que les modes d’exercices variés et spécifiques de notre profession nécessitent, encore pour quelques années sans doute, et afin d’assurer la transition générationnelle, de disposer d’une édition physique. C’est le choix qui a été fait. Il apparaitra sans doute désuet pour certains d’entre nous à l’heure où la génération Y nous rejoint et de la dématérialisation des vecteurs de communication. Là encore, notre lectorat souhaitait conserver cette option papier.
Dans ce premier numéro d’Anrea nous actualiserons nos connaissances sur des thèmes aussi variés que l’anesthésie pour césarienne, la prise en charge de l’arrêt cardiaque chez la femme enceinte, du choc anaphylactique, de l’infarctus du myocarde, ou encore l’utilisation des solutions d’albumine en réanimation. Toutes ces mises au point ont été rédigées par nos experts dont la renommée est aussi bien nationale qu’internationale sur ces thématiques. Deux d’entre-elles serviront de support à une évaluation sous la forme de QCM didactiques. Ces textes sont le support de conférences présentées lors du dernier congrès de la Sfar en septembre 2014. Certains d’entre nous évoquaient, toujours avec nostalgie, le temps où nous collectionnions les livres du congrès qui regroupaient les conférences présentées au congrès national de la Sfar. Cette collection avait débuté en 1988 pour s’achever en 2008 avec l’avènement de son édition en format numérique. Anrea est ainsi l’occasion de reprendre le fil de cette collection avec la publication régulière des actes du congrès national. « Demandez, et l’on vous donnera.». C’est ce qui a guidé notre travail. Le mois prochain vous découvrirez le second volet de cette nouvelle formule éditoriale avec la publication, exclusivement en Anglais et en version électronique dans ce cas, du premier numéro de la revue Anaesthesia Critical Care & Pain Medicine (Accpm) qui paraîtra en alternance (mois pairs) avec Anrea. Mais dans cette attente, laissons-nous le temps de profiter du premier numéro d’Anrea.
Alors découvrez, lisez, commentez, critiquez cette nouvelle formule éditoriale. Votre retour est sans doute le plus important, que celui-ci soit positif ou non. Car au total, ce projet est une histoire collective, la nôtre, témoin de notre richesse, de notre intelligence. Ces qualités qui nous ont permis de prendre toute notre place dans l’amélioration continue de la sécurité des patients nécessitant le recours à notre expertise. Remercions le Conseil d’Administration de la Sfar [4] et les responsables universitaires de la discipline [5] d’avoir permis à ce projet de devenir une réalité. Oui l’anesthésie-réanimation est si forte quand elle porte des ambitions de cette nature. Tous les membres du Bureau Editorial d’Anrea, vous souhaitent une belle et bonne année 2015, à vous, ainsi qu’à vos proches. Alors Bienvenue, Welcome Anrea ! A bientôt de vous lire.

Benoit Plaud, Rédacteur en chef
Claude Ecoffey, Président de la SFAR


Références
[1]. Mantz J, Capdevila X, Jouffroy L. L’anglais dans les Annales françaises d’anesthésie et de réanimation:perfide Albion ou rayonnement international du journal ? Ann Fr Anesth Reanim 2011;30:2.
[2] Plaud B, le bureau éditorial des Annales françaises d’anesthésie et de réanimation. Ce n’est qu’un Au revoir. Ann Fr Anesth Reanim 2014;33:
[3] Plaud B, Piriou V. Un formidable vecteur de communication pour notre spécialité. Ann Fr Anesth Reanim 2011;30:395-6
[4] Benhamou D, Ecoffey C. Une nouvelle revue, deux nouvelles revues… Un nouveau défi pour la Sfar et notre discipline. Anrea 2015;1:
[5] Mantz J. Le Conseil national des universités accompagne la « mondialisation » des Annales françaises d’anesthésie et de réanimation. Anrea 2015;1:

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