Editorial du président de la SFAR

Cher(e)s collègues, cher(e)s ami(e)s,

Le Conseil d’Administration de la SFAR, récemment renouvelé du tiers de ses membres, m’a élu Président le 27 mai 2020. Cette marque de confiance me touche et m’oblige à la fois. Permettez-moi d’abord de saluer le travail accompli par mes prédécesseurs qui a permis à notre belle spécialité d’être reconnue dans sa pluralité : Anesthésie, Réanimation et Médecine Péri-Opératoire.

C’est d’ailleurs cette polyvalence qui a permis de faire face à la crise COVID 19 que nous traversons. Celles et ceux d’entre nous ayant une activité quasi exclusive en anesthésie ont su, du fait de leur formation initiale de grande qualité, redevenir du jour au lendemain des réanimateurs performants au service des patients qui nécessitaient une prise en charge lourde. Cette capacité d’adaptation, couplée à une réorganisation de nos structures, facilité par la transversalité (parfois moquée par certains) a forcé l’admiration, bien au-delà de nos frontières. Quel que soit leur mode d’exercice (public ou libéral), les anesthésistes réanimateurs se sont mis à disposition du système de santé, et, quand bien même vous n’avez pas participé directement à la lutte contre le Covid 19, je sais que vous y étiez prêts et/ou que vous avez pris en charge des patients non Covid pour que, malgré tout, personne ne soit oublié dans cette période si particulière de notre vie professionnelle. Le terme « résilience », a souvent été employé pour désigner notre capacité à faire face à une situation inédite. Ces lits de réanimation « éphémères », déployés jusque dans nos blocs opératoires ont permis de sauver des patients qui, faute de place, n’auraient pas survécu. Toutes et tous, de nos plus jeunes collaborateurs (DESAR) à nos plus anciens (retraités) se sont mobilisés sans compter. Nos plus proches partenaires (IADE, IDE de SSPI et de Réanimation) ont été également exemplaires dans leur engagement total dans ce combat. N’oublions pas nos collègues MIR avec lesquels nous avons travaillé en bonne intelligence, les chirurgiens et interventionnistes qui, ont déprogrammé les patients qui pouvaient l’être, ont pris en charge les urgences et dans un esprit de solidarité se sont mis au service des réanimations pour aider à mobiliser les patients qui présentaient un SDRA sévère. D’autres spécialités et les soignants en général ont également contribué à cet effort de « guerre », le tout sous la bienveillance d’une administration facilitante.

Chacun d’entre nous peut, et doit être fier d’être médecin anesthésiste-réanimateur et d’appartenir à cette communauté.

Cette famille qui compose l’anesthésie réanimation est la bienvenue au sein de la Maison de l’Anesthésie-Réanimation, où toutes les composantes de la spécialité sont représentées. Le Conseil National Professionnel d’Anesthésie Réanimation (CNP-AR) y trouve maintenant toute sa place, le Collège Français d’Anesthésie Réanimation (CFAR) y travaille en bonne intelligence avec sa structure mère qu’est la SFAR, le Collège National des Enseignants en Anesthésie Réanimation (CNEAR) et le Collège National des Universités (CNU) y sont naturellement abrités. Les missions de chacune de ces composantes sont bien définies, ce qui permet à l’information de circuler à grande vitesse pour une meilleure efficacité dans les prises de décision.

Je veux aussi saluer ici le travail fait par les Commissions, Comités, Groupes de la SFAR qui au total concernent plus de 400 médecins anesthésistes réanimateurs, IADE, IDE et de professionnels issus d’autres horizons, qui en consacrant bénévolement une partie de leur temps, de leur savoir et de leur énergie, assurent le bon fonctionnement de la société au bénéfice de tous.  Leur réactivité durant la crise Covid 19 force le respect. Toutes les entités de la SFAR (Comités, Commissions, Groupes) font ainsi un travail formidable pour nous fournir des informations sans cesse actualisées et faire vivre la société. Parmi ces comités, le groupe jeunes de la SFAR occupe une place particulière, parce qu’il est notre avenir, et qu’il nous interpelle et nous questionne sans cesse. Son dynamisme a bouleversé les codes un peu dépassés qui étaient les nôtres et a attiré les plus jeunes au sein de la SFAR.

Notre Société est en interface permanente avec l’ESA (European Society of Anaesthesiology), la WFSA (World Federation of Societies of Anaesthesiologists), l’ESICM (European Society of Intensive Care Medicine), la SRLF (Société de Réanimation de Langue Française), la SFMU (Société Française de Médecine d’Urgence) et la SFETD (Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur) et tant d’autres Sociétés amies. La SFAR met à votre disposition un savoir à la pointe du progrès à travers notre congrès présentiel, grand-messe de l’anesthésie-réanimation française, où nous nous retrouvons toutes et tous avec un immense plaisir. L’autre grand rendez-vous est sans conteste notre congrès dématérialisé (e-congrès) qui permet à l’anesthésie-réanimation française de rayonner bien au-delà de ses frontières habituelles vers les pays francophones et bien d’autres de part le monde. La maison de l’Anesthésie-Réanimation s’est par ailleurs dotée d’un studio d’enregistrement qui vous permet de suivre, en direct ou en différé, nombre d’émissions, dont la thématique est proposée en tenant compte de l’actualité.

Pour autant, notre Société doit s’adapter aux évolutions de notre temps et elle a montré à plusieurs reprises ses capacités à le faire. Nous devrons trouver des financements nouveaux pour que, progressivement, la SFAR devienne autonome et soit à l’abri des aléas tels que nous les avons connus dans cette période de pandémie. Une de ces pistes dépend totalement de chacun d’entre nous. Ainsi, adhérer à cette Société dans laquelle la plupart d’entre nous se reconnaissent, est un acte solidaire. Votre adhésion nous permet en partie d’assurer le fonctionnement au jour le jour de notre Société : rétribuer nos salariés (dont je veux souligner le travail indispensable), proposer de nombreux services et nous permettre de financer les projets de recherche par des bourses et des contrats. Alors n’attendez plus, adhérez massivement !

Je sais que je peux compter sur vous, comme vous pouvez compter sur moi pour qu’avec la Conseil d’Administration nous portions nos valeurs encore plus haut, encore plus loin.

Hervé BOUAZIZ