Chers membres de la SFAR, Chers collègues, Chers amis,

Nous connaissons une situation pandémique exceptionnelle qui nous a obligé à mobiliser toutes nos énergies, nos moyens, nos chemins cliniques vers une seule direction, la prise en charge des patients atteints du virus SARS-Cov2 au sein des services de soins critiques et de médecine infectieuse. Un plan blanc national a été mis en place, stoppant toute activité chirurgicale ou interventionnelle non urgente et les consultations. Le confinement a permis de diminuer la pression d’occupation au sein des réanimations ; les patients légitimement mis en attente doivent, en priorisant les indications, pouvoir bénéficier de leur chirurgie ; l’activité de nos hôpitaux et cliniques doit repartir.

Voilà donc le moment où nous devons préparer nos établissements à reprendre une activité subnormale en cohabitant avec le virus, tout en le combattant, en protégeant les patients et les professionnels et dans le cadre d’une limitation des ressources en médicaments et en équipements de protection individuelle.

La Société Française d’Anesthésie et de Réanimation a décidé de proposer avant la fin du déconfinement, et pour préparer du mieux possible le retour aux activités interventionnelles, les Recommandations de Pratiques Professionnelles : « Préconisations pour l’adaptation de l’offre de soins en anesthésie-réanimation dans le contexte de pandémie de COVID-19 »

Celles-ci ont pour but d’encadrer la reprise d’activité qui aura lieu alors que la pandémie de COVID-19 est en cours.

L’objectif de ces recommandations est double : (1) offrir un accès à des soins de qualité à des patients dont la procédure ne peut plus être reportée et préparer la reprise progressive d’interventions priorisées et (2) limiter le risque de contamination des patients et des personnels soignants les prenant en charge.

Les principaux points de ces recommandations sont les suivants :

1) Protection des personnels et des patients :

Elles comprennent la mise en place d’un masque FFP2 chez tous les professionnels de santé participant à la gestion des voies aériennes.

Les extubations en salle de bloc opératoire, et non en salle de réveil, sont préconisées.

2) Bénéfice/risque et information au patient

Des modèles d’information aux patients, parents et enfants sont fournis, concernant les conditions particulières liées à la pandémie de COVID-19, l’évaluation du rapport bénéfice/risque lié à l’intervention et le circuit envisagé.

3) Évaluation préopératoire et décision vis-à-vis de l’intervention

Un questionnaire standardisé de recherche des symptômes compatibles avec une infection à SARS-CoV-2 avant toute chirurgie est proposé. Le bilan et la stratégie péri-opératoire vis-à-vis du COVID-19 avant chirurgie programmée ou urgente sont détaillés.

4) Modalités de la consultation de pré-anesthésie

Les téléconsultations seront privilégiées et leurs conditions d’applications expliquées. Les consultations présentielles doivent respecter les mesures barrières pour les patients, personnels et locaux.

5) Modalités particulières d’anesthésie et d’analgésie

Des stratégies anesthésiques épargnant les médicaments en tension (notamment propofol, midazolam, curares) seront utilisées, et les techniques d’anesthésie loco-régionale privilégiées autant que possible, seules ou en combinaison avec l’anesthésie générale.

6) Circuits dédiés

Un circuit dédié COVID+ doit être mis en place pour la gestion des patients adultes et enfants opérés allant de l’entrée du bloc opératoire jusqu’à sa sortie du bloc opératoire ou de soins critiques.

La filière ambulatoire et la réhabilitation améliorée après chirurgie seront privilégiées.

7) Interventions à la sortie du confinement

La reprise de la chirurgie programmée non urgente sera effectuée de façon progressive et étalée dans le temps si l’établissement dispose d’un nombre approprié de lits de soins critiques/réanimation et conventionnels, d’équipements de protection individuelle (EPI), de respirateurs, médicaments, produits sanguins labiles et de personnel formé pour traiter tous les patients non urgents sans recourir à une organisation de soins de crise.

Pr. Xavier CAPDEVILA
Président de la SFAR