Comité Vie Professionnelle
Santé au Travail

La garde de nuit expose les professionnels de santé à des perturbations significatives du rythme circadien, susceptibles d’entraîner une dette de sommeil, une diminution des performances cognitives, des troubles somatiques et une altération du bien-être général pouvant conduire au burnout[1]

Le Comité Vie Professionnelle de la SFAR a synthétisé sous la forme d’une affiche un ensemble de conseils issus de la littérature [2,3] visant à limiter ces effets.
Ils s’articulent autour de plusieurs axes :

1. Hygiène de vie et régulation circadienne

L’alimentation équilibrée, la limitation de la consommation de caféine ainsi qu’une hydratation suffisante constituent des facteurs essentiels pour maintenir un niveau d’éveil fonctionnel tout en préservant les capacités d’endormissement.

2. Pratiques favorisant la récupération

L’instauration de routines de détente, la réduction de l’exposition lumineuse et sonore et la mise en place de temps de repos adaptés contribuent à faciliter l’endormissement et à optimiser les phases de récupération malgré les contraintes horaires.

3. Gestion du repos en garde

Lorsque le sommeil n’est pas possible, la mise en œuvre de temps calmes, de relaxation ou d’activité physique douce permet de maintenir un niveau de vigilance suffisant tout en limitant la fatigue cumulée.

4. Organisation collective

Dans un contexte de modification démographique du nombre d’Anesthésistes-Réanimateurs, une réflexion d’équipe portant sur la planification, l’espacement des gardes et la durée d’exposition au travail de nuit constitue un levier primordial pour réduire les effets délétères à long terme du travail en horaires décalés.

Ils vous permettront de mieux vivre vos gardes tout au long de votre vie professionnelle :

[1] Berger B, The REPAR Study. Int J Environ Res Public Health. 2023 Jan 18;20(3):1771. doi: 10.3390/ijerph20031771. PMID: 36767139; PMCID: PMC9914122.[2] https://doi.org/10.1136/emermed-2019-209134[3] https://www.snphare.fr/assets/media/livre-blanc-cnp-armpo-phe-12062025.pdf

Le Comité Vie Professionnelle de la SFAR met à votre disposition un violentomètre à utiliser sur les plateaux techniques :

30 à 50% des professionnels de santé déclarent avoir été victime de violence et plus de 70% en ont été témoins. (1 ; 2) Ces comportements en milieu professionnel sont largement reconnus comme des facteurs de souffrance psychologique, de désengagement professionnel et de perturbation du travail en équipe.

Dans les blocs opératoires français, la prévalence est très élevée, avec des conséquences notables sur la santé mentale. Il s’agit d’un enjeu de santé publique autant que de sécurité des soins.

L’urgence est de créer un climat propice au travail d’équipe et à la prévention de l’épuisement professionnel dans un système de soins déjà fragilisé. (3)

Le violentomètre est une échelle visuelle qui aide à identifier des comportements pouvant mener à des situations de violence. Il se présente sous la forme d’un graphique coloré, divisé en trois zones :

  • OK : Comportements respectueux, sains et équilibrés.
  • VIOLENCE : Comportements préoccupants, signalant un déséquilibre ou un manque de respect.
  • DANGER : Comportements violents ou dangereux nécessitant une action immédiate.

Cet outil vise à rendre les signes de violence plus reconnaissables, en mettant en lumière des situations que l’on pourrait minimiser ou ignorer.

En parallèle, la méthode des 5D propose un ensemble de techniques simples pour permettre aux témoins de réagir de façon appropriée en fonction de la situation tout en se gardant en sécurité. (4)

  • Distraire : Intervenir avant que la situation ne dégénère pour distraire l’attention de l’agresseur. Parler du patient, de l’intervention en cours…
  • Documenter : Témoigner (noter les éléments factuels et chronologiques), enregistrer, photographier ou filmer la scène pour constituer des preuves que la victime pourra utiliser si elle souhaite porter plainte. Ne jamais diffuser de photos ou vidéos sur les réseaux sociaux (puni par la loi et traumatisant pour la victime).
  • Diriger : Selon la situation et sans se mettre en danger, intervenir directement auprès de la victime en demandant au harceleur d’arrêter voir de partir.
  • Déléguer : Demander de l’aide à quelqu’un d’autre, un collègue, un supérieur hiérarchique…
  • Dialoguer : Aller voir la personne victime pour la rassurer, lui dire qu’elle n’est pas seule et lui demander si elle a besoin de quoi que ce soit. Indiquer les personnes ressources de l’établissement et la procédure de déclaration.

Agissez pour venir en aide aux personnes victimes. (4)

  1. https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/enquete-violences-sexistes-sexuelles-vss
  2. https://www.ordre-infirmiers.fr/l-ordre-national-des-infirmiers-porte-la-voix-de-la-profession-sur-les-violences-subies-par-les
  3. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40850058/
  4. https://righttobe.org/guides/bystander-intervention-training/

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